Discours Edouard Philippe : les mesures qui impactent vos finances

Artcielécrit le 16/06/2019 – Crédit photo : Fotolia

Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre a présenté les principales mesures de « l’acte II du quinquennat » d’Emmanuel Macron. Prime défiscalisée, taxe d’habitation, impôt sur le revenu, retraite, dépendance … le détail des mesures qui impactent vos finances.

La prime exceptionnelle défiscalisée est reconduite

Fin 2018, suite au mouvement de contestation des « gilets jaunes », Emmanuel Macron avait autorisé les entreprises qui le souhaitaient à verser à leurs salariés une prime de fin d’année exonérée d’impôts et de charges sociales.

Cette prime est reconduite « pour un an en 2020, avec le même régime défiscalisé dans la limite de 1 000 euros par bénéficiaire, » a indiqué Edouard Philippe. Néanmoins, « pour que cet élan soit pérenne »,la prime sera reconduite dans le cadre de l’intéressement des entreprises : « les entreprises devront, pour verser la prime exceptionnelle, mettre en place un dispositif d’intéressement au profit de leurs salariés avant le 30 juin 2020 », a précisé le Premier ministre.

La prime est totalement défiscalisée et exonérée de toutes charges sociales jusqu’à 1 000 euros : jusqu’à cette somme, ni impôt sur le revenu, ni cotisations, ni CSG ne sont prélevés. Cette prime exceptionnelle défiscalisée peut être versée aux salariés qui gagnent jusqu’à 3 600 euros net par mois (4 563 euros bruts).

Suppression de la taxe d’habitation pour tous les français

Estimant que la taxe d’habitation est un impôt « injuste », Emmanuel Macron a voulu en exonérer les ménages modestes et les classes moyennes. D’ici 2020, 80% des français ne paieront plus de taxe d’habitation. La suppression se fait de manière progressive sur 3 ans. EIle a ainsi diminué de 30% en 2018 pour les 80% de foyers concernés, puis diminuera à nouveau de 30% en 2019, pour être totalement supprimée en 2020.

Pour les 20% de français restants (les plus aisés), le Premier ministre Edouard Philippe a indiqué que la suppression se fera également de manière progressive sur trois années. Mais après avoir évoqué une suppression pour l’ensemble des Français « au plus tard d’ici 2021 », le gouvernement semble vouloir repousser cette échéance à la fin du quinquennat.

Une baisse de l’impôt sur le revenu de 5 milliards

Edouard Philippe a annoncé que la première tranche de l’impôt sur le revenu allait passer de 14% à 11%. Selon le Premier ministre, « cela représente un gain moyen par foyer de 350 euros, soit, à ce niveau, un tiers de l’impôt en moyenne » et concernerait 12 millions de foyers (sur les 16,8 millions de foyers fiscaux qui payent l’impôt sur le revenu).

Les cinq millions de foyers de la tranche suivante (celle à 30%) « bénéficieront d’un gain moyen de 180 euros », a-t-il également indiqué. L’économie est moindre, car le seuil d’entrée de la tranche à 30% a été abaissé : il passe de 27 519 euros à 25 406 euros.

Mais pour les français les plus aisés (tranches à 41% et 45%), ces mesures ne devraient avoir aucun impact sur leur impôt final. Modifier seulement les premières tranches d’imposition aurait permis mécaniquement à tous les contribuables de profiter d’une baisse d’impôt. C’est pourquoi le seuil d’entrée des tranches supérieures a été abaissé, de manière à neutraliser cette baisse : le seuil d’entrée dans la tranche à 41% passe ainsi de 73 779 euros à 72 644 euros.

Le barème de l’impôt applicable à partir de 2020 devrait être le suivant :

  • 0% (moins de 9 964 €)
  • 11% (de 9 965 € à 25 406 €)
  • 30% (de 25 406 € à 72 644 €)
  • 41% (de 72 644 € à 156 244 €)
  • 45% (plus de 156 245 €)

La réforme des retraites : un âge d’équilibre

Édouard Philippe a confirmé que «les règles seront les mêmes pour tous. Un euro cotisé ouvrira les mêmes droits pour tous». L’âge légal de départ à la retraite (62 ans) ne devrait pas être modifié, mais un « âge d’équilibre » sera mise en place, avec un système de bonus-malus. Il pourrait être fixé à 64 ans. Dans ce cas, chacun serait libre de liquider sa retraite avant 64 ans mais avec une décote, ou de travailler après 64 ans pour se constituer une pension plus élevée (bonifiée). L’objectif est d’inciter les français à travailler plus longtemps.

Dépendance

Le Premier ministre a déclaré vouloir «définir une stratégie et la programmation des moyens nécessaires pour prendre en charge la dépendance». Il a ainsi promis que «des mesures favorisant le maintien à domicile et des investissements dans les Ehpad» seraient proposées dans le cadre du budget 2020 de la Sécurité sociale. Il a également confirmé qu’un projet de loi sur la dépendance serait présenté en fin d’année.