Donald trump america first

Trump plus pragmatique que protectionniste ?

Article écrit le 02/01/2018

Les chiffres sur la compétitivité américaine sont alarmants et alimentent le discours protectionniste de Donald Trump. Quels leviers le président américain peut-t’il actionner ? Sera t’il plus pragmatisme que protectionniste ?

America first

Le discours d’intronisation de Donald Trump du 20 janvier 2017 – « nous devons protéger nos frontières contre les ravages d’autres pays fabriquant nos produits, volant nos entreprises et détruisant nos emplois » –  est confirmé par les chiffres alarmants sur la compétitivité de l’économie américaine : le deficit commercial US en 2016 est de 500 milliards de dollards, ce qui représente 2,5% du PIB.

Deficit commercial US avec les autres pays (2016)

Chine 346 milliards
Europe 146 milliards
Japon 68 milliards
Mexique 63 milliards

un phénomène ancien

Depuis 1975, le deficit commercial américain varie entre 1% et 5,5% du PIB. Un record a été atteint en 2006 avec un deficit de 5,56% du PIB soit 770 milliards.

Les États-Unis ont déjà pris des mesures très protectionnistes dans leur histoire sans réel effet sur le redressement de l’économie.

Par exemple, la loi Hawley-Smooth promulguée en 1930 a conduit à une augmentation des droits de douane sur 20 000 produits. Conséquence, les droits de douane ont augmenté en moyenne de 60% sur 3 000 d’entre eux.

Les importations américaines depuis l’Europe déclinèrent de 1 334 millions de dollars en 1929 à seulement 390 millions en 1932, soit une chute de plus de 70 %. Dans le même temps, les exportations américaines vers l’Europe tombèrent de 2 341 millions de dollars en 1929 à 784 millions en 1932, soit une chute de deux tiers. De même, le commerce mondial déclina d’environ 66 % entre 1929 et 1934.

Parce que les autres pays ont répondu à cette loi par des mesures protectionnistes (de nombreux pays, par mesure de rétorsion, ont également augmenté leurs taxes à l’importation), le commerce international diminua et l’économie au niveau mondial ralentit.

Bien que cette loi ait été votée après le krach boursier de 1929, elle est considérée par de nombreux économistes comme un facteur aggravant de la Grande Dépression. Le taux de chômage, de 9% en 1930, passa à 16% l’année suivante, et à 25% en 1932.

D’autres solutions existent

Des solutions alternatives au protectionnisme existent pour résoudre ce déficit, mais elles sont plus longues à mettre en oeuvre et désagréables à entendre :

  • Arrêter de vivre au-dessus de ses moyens (crédits) : baisser la consommation pour baisser les importations (Voir notre article : les États-Unis, un modèle économique à reconstruire ?)
  • Baisser les coûts du travail pour augmenter les exportations
  • Se spécialiser dans la montée en gamme pour vendre des produits à forte valeur ajoutée
  • Dévaluer le dollar, mais peu d’éffet à long terme sur la compétitivité