Article écrit le 09/04/2026 – Par MINGZI – Crédit photo : Shutterstock
Changer de PER peut sembler une excellente idée pour améliorer la performance de son épargne ou réduire ses frais. Pourtant, le transfert de PER est loin d’être un acte anodin. Entre coûts cachés, subtilités fiscales et perte de garanties, les épargnants peuvent vite déchanter. Voici les erreurs à éviter.
Les bonnes raisons de transférer son PER
Le transfert de PER est souvent motivé par la recherche de meilleures conditions. Depuis la loi Pacte de 2019, les titulaires d’un PER ou d’un ancien dispositif retraite (PERP, retraite Madelin) bénéficient de la portabilité entre assureurs. Une souplesse bienvenue … à condition de l’utiliser à bon escient.
Les principales motivations pour transférer son PER sont :
- Réduire les frais de gestion : certains contrats anciens sont nettement plus coûteux que les offres récentes
- Accéder à une meilleure gestion pilotée : des allocations plus dynamiques ou mieux diversifiées peuvent améliorer le rendement à long terme.
- Diversifier les supports d’investissement : immobilier (SCPI), ETF ou fonds thématiques.
- Regrouper plusieurs dispositifs d’épargne retraite au sein d’un seul PER pour simplifier la gestion.
Fiscalité PER : une erreur qui peut coûter cher
La fiscalité du PER est un domaine où les erreurs sont fréquentes. Alors gare à la confusion sur la déductibilité fiscale … Si les versements volontaires sur un PER individuel (PERIN) sont déductibles du revenu imposable, le transfert en lui-même ne génère pas de nouvelle déduction : seuls les nouveaux versements effectués sur le PER d’accueil seront déductibles. Confondre transfert et versement est une erreur classique aux conséquences fiscales désagréables.
Chaque compartiment du PER (volontaire, obligatoire, épargne salariale) obéit à des règles fiscales spécifiques. Aussi, veillez à ce que l’établissement d’accueil affecte votre épargne dans le bon compartiment et identifie correctement les versements ayant ouvert droit à déduction.
Pour en savoir plus : PER fonctionnement
Les frais de transfert : attention aux mauvaises surprises
C’est souvent la première, et la plus coûteuse, des surprises.
Pour un transfert entre deux PER, la loi encadre ces frais, qui ne peuvent excéder 1 % des droits acquis. Si le PER a plus de 5 ans, le transfert est même gratuit. Mais cette règle ne s’applique pas uniformément à tous les contrats.
Pour les anciens produits d’épargne retraite comme le PERP ou le Madelin, les frais de transfert sortants maximum sont passés de 5 % à 1 % des droits acquis depuis le 24 octobre 2024, pour les contrats de moins de 10 ans. Au-delà de dix ans d’ancienneté, le transfert est sans frais.
Concrètement, pour un épargnant disposant de 80.000 euros sur un PERP de 8 ans, le coût du transfert peut encore atteindre 800 euros.
À cela s’ajoutent parfois des frais d’entrée appliqués par l’établissement d’accueil. Certains acteurs pratiquent 0 %, d’autres jusqu’à 4 ou 5 % sur les versements.
Il est donc impératif de lire attentivement les conditions générales du contrat entrant avant de signer, le montant exact des frais, mais aussi les conditions de transfert inscrites dans votre contrat.
Le risque de perdre des garanties précieuses
C’est un point très souvent négligé. En changeant de contrat, vous pouvez perdre certains avantages acquis, comme la table de mortalité et le taux technique.
Concrètement : sur certains vieux contrats PERP ou Madelin, des taux techniques garantis de 1,5 % à plus de 2,5 % assuraient une rente viagère calculée sur des bases avantageuses. Ces taux, aujourd’hui inaccessibles sur le marché, disparaissent définitivement en cas de transfert. Pour un épargnant souhaitant sortir en rente à la retraite, la perte peut représenter plusieurs dizaines d’euros par mois — et ce, pendant des années.
De même, certains contrats incluent des garanties décès ou invalidité spécifiques qui ne se retrouveront pas dans le PER d’accueil.
Avant tout transfert, il convient donc de dresser un inventaire complet des droits acquis et de demander au conseiller de bien justifier de l’intérêt fiscal et patrimonial de l’opération.
Négliger les délais et les procédures
Le transfert de PER n’est pas une opération instantanée. À compter de la réception de la du dossier complet, l’établissement gestionnaire de l’ancien contrat dispose d’un délai de deux mois pour s’exécuter.
Pendant cette période, les sommes sont indisponibles, ce qui peut poser problème si des arbitrages étaient prévus ou si les marchés financiers évoluent défavorablement. Il est conseillé d’initier un transfert en période de faible volatilité et d’éviter les transferts précipités en fin d’année fiscale, période où les établissements sont surchargés.
Ce qu’il faut retenir avant de se lancer
Transférer son PER peut être une excellente décision, à condition d’agir méthodiquement. Vérifiez l’ancienneté de votre contrat pour évaluer les frais de transfert, identifiez les garanties techniques attachées à votre contrat actuel, assurez-vous que les compartiments seront correctement reclassés dans le PER d’accueil, et comparez les frais de gestion sur le long terme plutôt que de vous fier aux seules offres d’entrée.





